Le réveil de Nissan, ancien numéro un de la voiture électrique

 

Ces trois dernières années, Nissan a accumulé les crises. Outre les effets conjugués de la pandémie de Covid-19 et des difficultés d’approvisionnement en composants électroniques ou en matières premières qui ont perturbé toute l’industrie automobile, la marque japonaise a dû affronter ses propres maux. Fin 2018, elle s’est brutalement séparée de Carlos Ghosn, son président, et a dû renégocier non sans mal les termes de la gouvernance de son alliance avec Renault. Faute d’avoir renouvelé à temps ses modèles, la firme de Yokohama s’est surtout trouvée confrontée à une fin de cycle au moment où les ventes de modèles électrifiés explosaient.

Ses comptes ont plongé dans le rouge, son usine historique de Barcelone a dû fermer et ses parts de marché dans le monde ont fondu d’un tiers. Aujourd’hui, les dirigeants de Nissan assurent que l’heure de la reconquête a sonné. Maintes fois repoussé, le programme de renouvellement du catalogue – quinze lancements de modèles électrifiés sont prévus d’ici à 2030 – se concrétise enfin. Son fer de lance : une technologie qui ne s’est jamais imposée hors du Japon mais qui, si elle parvenait à convaincre en Europe et aux Etats-Unis, offrirait à la firme un avantage concurrentiel durable.

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Il s’agit d’un hybride, baptisé e-Power, dont le moteur thermique agit exclusivement pour délivrer de l’énergie vers une batterie tampon ou directement vers le moteur électrique. Dans les hybrides conventionnels, les deux moteurs fonctionnent parallèlement ; ici, seul le bloc électrique entraîne les roues. Le système e-Power, qui sera proposé dès cet automne à bord de la nouvelle génération du Qashqai, un « crossover » produit à 5,5 millions d’unités depuis 2007, permet de conduire une voiture électrique sans qu’il soit nécessaire de la recharger sur une borne, puisque c’est le moteur essence (1,5 litre à taux de compression variable) qui s’en charge.

« Dernière voiture avant le tout électrique »

Un modèle de transition qui se présente comme « la dernière voiture avant le passage au tout électrique ». Cette hybridation, envisagée par certains constructeurs mais jamais commercialisée à très grande échelle, est diffusée avec succès au Japon depuis 2016. En pratique, le Qashqai e-Power assure une conduite tout aussi fluide et réactive qu’un véhicule purement électrique, avec des accélérations franches qui interviennent sans que le moteur thermique, qui reste discret, ne donne l’impression de s’emballer, comme c’est le cas à bord de certains hybrides.

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Afin de contribuer à rendre la voiture plus silencieuse, un caisson acoustique produit des vibrations qui neutralisent une partie de celles provoquées par le quatre-cylindres. Testée sur les très policées routes de la région de Stockholm, en Suède, la voiture s’est contentée d’une moyenne à peine supérieure à 5 litres aux 100 kilomètres. Un résultat flatteur, mais qu’il faudra confirmer dans des conditions plus conformes à la réalité de la circulation automobile française. En particulier sur autoroute, terrain moins favorable aux voitures électrifiées que les parcours urbains et périurbains, usage auquel le Qashqai e-Power se destine principalement.

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